CE QUE CACHE LE BIG MAC

Publié le par Tropiquirinha

Le burger le plus répandu dans le monde

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© CC, Jon Betts Une photo représentant le Big Mac.

C’est à Pittsburg en 1967 qu’est né le Big Mac. Il a été « inventé » par un responsable de restaurants McDonalds en franchise, Jim Delligatti. Il voulait trouver un produit qui se vende bien et qui fasse venir les gens dans les 12 restaurants en franchise qu’il possédait à Pittsburg.

Le burger à 2 étages, avec 2 steaks, de la sauce (dont la recette était soi-disant secrète !), de la laitue, du fromage, des oignons et du pain aux graines de sésame était né. Il a tout de suite fait fureur ! Mais il a fallu attendre plus de 2 ans avant que la direction de McDonalds accepte de le mettre au menu de tous ces restaurants.

Planetoscope : aujourd’hui, le Big Mac est vendu dans plus de 120 pays et à plus de 900 millions d’unités dans le monde par an.

Le Big Mac, tout beau, tout bon ?

Pourquoi un simple burger a-t-il eu, et a-t-il toujours autant de succès dans le monde ?

1- Un look de pub !

On a tous en tête une image publicitaire du Big Mac. Il est vrai que la photo est belle : 1 pain grillé au sésame, 2 steaks hachés cuits à point, du fromage fondant, quelques feuilles de salade bien verte, des cornichons, des mini-bouts d’oignons et une sauce qui dégouline légèrement. Ça c’est sur la photo. Et ça peut effectivement faire envie…

La réalité est tout autre. Tout est plus petit, beaucoup moins coloré, beaucoup plus ratatiné sous la tranche de pain ! La salade s’éparpille et le fromage colle à l’emballage… Une vidéo de McDonald’s Canada tente de nous expliquer pourquoi Big Mac est si séduisant à la télé.


Il est vrai que si les produits étaient un peu plus gros et si les employés prenaient plus leur temps pour cuisiner, l’aspect serait peut-être plus soigné. Dans ce cas-là, on n’appellerait plus McDo un fast-food !

2- Le Big Mac, un goût universel ?

L’autre raison qui pourrait expliquer le succès résiderait dans son goût standardisé dans le monde entier. En effet, l’objectif du Big Mac serait d’avoir la même saveur en France qu’au Japon ! N’est-ce pas contradictoire quand on sait que le goût dépend énormément de la culture ? Un chinois n’a pas les mêmes attentes gustatives qu’un mexicain !

En réalité, McDo ferait presque dans le local : le site officiel de la marque affirme que les matières premières sont fournies à 70% par des producteurs locaux. C’est le cas de la France et des États-Unis. Mais qu’en est-il des autres pays ? Rien n’est dit sur ce point.

Beaucoup accusent la sauce Big Mac d’être à l’origine de leur addiction au goût du burger. Sa recette n’est plus secrète, comme on le verra plus loin : une vidéo officielle en anglais dévoile un chef McDo en train de la fabriquer. Alors est-ce une sauce vraiment incomparable ou juste… une question d’addiction au gras ?

Les ingrédients et la composition nutritionnelle

Afin de mieux comprendre cet intriguant burger, il a fallu aller piocher des informations sur la composition du produit sur le site français officiel  : «Deux steaks hachés, du cheddar fondu, 3 buns de pain, des oignons, des cornichons, deux lits de salade et une sauce inimitable». Un peu faible, comme infos nutritionnelles ! Il faut aller sur le site américain pour en savoir un peu plus…

1- Des additifs dangereux

Première impression en lisant les ingrédients : on identifie seulement la moitié des composants ! Les autres sont plus subtils, et ce sont pour la plupart des additifs alimentaires (donc des E…). Si de nombreux ne sont pas dangereux, un bon paquet est à éviter et certains pourraient même être cancérigènes !

attentionLes additifs à éviter à tout prix !

Les additifs suivants sont dans le Big Mac : Azodicarbonamide (E927a), propionate de calcium (E282), propionate de sodium (E281), mono et diglycérides (E471), acide citrique (E330), phosphate de sodium (E338), acide lactique (E270), l’acide acétique (E260), pyrophosphate de sodium (E450), polysorbate 80 (E433), benzoate de sodium (E211), disodium EDTA, sulfate d’aluminium (E520). > Les additifs alimentaires : la fiche pratique

2- Des OGM dans le Big Mac ?

Et en ce qui concerne les OGM ? Beaucoup d’entre nous auraient tendance à dire que le McDo c’est du 100% OGM, cependant en regardant le site officiel on risque d’être surpris.

Les produits ne sont en effet pas étiquetés OGM conformément à la loi française : en effet, « Un produit « non OGM » est un produit qui contient moins de 0,9 % d’OGM. Au dessous de ce seuil, l’étiquetage « peut contenir des OGM » n’est pas obligatoire« . Alors en dessous de ce seuil, il risque d’y en avoir ? La réponse est clairement oui, mais pas moyen de le savoir avec certitude.

On sait cependant que certaines matières premières ont dû être quand même remplacées pour être conformes à la loi française : les huiles de soja ont fait place à l’huile de colza non OGM. Concernant la nourriture des animaux, elle est garantie non OGM pour les poulets, mais pas pour les boeufs à cause de la « complexité de la filière bovine« .

Suite > Les ingrédients qui composent le Big Mac et sa sauce

 

En rouge = produits potentiellement dangereux
En gras = produits à éviter si possible ou à ne pas absorber en grande quantités

pain-burgerLe pain (bun) : farine enrichie (farine de blé blanchie, farine d’orge maltée, niacine (Vit. B3), fer réduit, mononitrate de thiamine (Vit. B1), riboflavine (B2), acide folique (B9)), eau, sirop de maïs à haute teneur en fructose et/ou sucre, levure, huile de soja et/ou huile de canola. Contient au plus 2 % de : sel, gluten de blé, sulfate de calcium (E516), carbonate de calcium (E170), le sulfate d’ammonium (utilisé en oenologie), chlorure d’ammonium, conditionneurs de pâte (peut contenir : stéaroyllactylate de sodium (E481), E472e, acide ascorbique (Vit. C), azodicarbonamide (E927a), mono et diglycérides (E471), monoglycérides éthoxylés, monocalcique phosphate, enzymes, gomme de guar (E412), peroxyde de calcium (E930)), l’acide sorbique, propionate de calcium (E282) et /ou de propionate de sodium (E281), lécithine de soja, graines de sésame.

Fromage : lait, crème, eau, « cheese culture » (bactérie aidant à faire cailler le lait), citrate de sodium (E331). Contient au plus 2% de : sel, acide citrique (E330), phosphate de sodium (E338), acide sorbique (conservateur), acide lactique (E270), l’acide acétique (E260), enzymes, pyrophosphate de sodium (E450), arôme naturel (source laitière), colorants ajoutés, lécithine de soja.

sauce-big-macSauce : huile de soja, relish (cornichons en dés, sirop de maïs à haute teneur en fructose, sucre, vinaigre, sirop de maïs, sel, chlorure de calcium (E509), la gomme de xanthane (E315), sorbate de potassium (E202), extraits d’épices, polysorbate 80 (E433)), vinaigre distillé, eau, jaunes d’oeufs, sirop de maïs à concentration élevée de fructose, poudre d’oignon, graines de moutarde, sel, épices, alginate de propylène glycol (E405), benzoate de sodium (E211), son de moutarde, sucre, poudre d’ail, protéine végétale (maïs hydrolysé, soja et blé), couleur caramel, extraits de paprika, lécithine de soja, curcuma (couleur), disodium EDTA.

Concombre :  concombres, eau, vinaigre distillé, sel, chlorure de calcium (E 509), alun (sulfate d’aluminium E520), sorbate de potassium (E202), arômes naturels (source végétale), polysorbate 80 (E433), extraits de curcuma.

Steak : 100% boeuf pur. Provenance à 52% de France, le reste est envoyé des Pays-Bas, d’Irlande et d’Italie. Le plus gros fournisseur est McKey.

 


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La sauce du Big Mac

Vous l’avez remarqué : dans le Big Mac et surtout dans sa sauce, il y a plein d’ingrédients que nous n’utilisez pas quand vous faites un hamburger maison. Vous n’utilisez pas de sucre, pas autant de sel, pas de mayonnaise, pas de vinaigre blanc dans la sauce, … et bien évidemment pas d’additifs.

Alors le Big Mac constitue-t-il un  plat équilibré, est-il coupable de l’épidémie d’obésité ? Notre diététicienne y répond dans un l’article intitulé « Big Mac, bombe calorique« .

Sauce maison style Big Mac

Voici une recette pour faire une sauce la plus proche possible de celle servie en magasin :

- ½ tasse de mayonnaise (préférer celle maison)
- 2 cuillère à soupe de « french dressing »* (1 cuillère à soupe de vinaigre de vin blanc, sel et poivre, 1 cuillère à café de moutarde de Dijon, 3 cuillères à soupe d’huile d’olive, 1 gousse d’ail écrasée)
- 4 cuillère à café de relish* (mixer du concombre et des oignons, un peu de sel, sucre, curcuma, gingembre, céleri en poudre, vinaigre blanc et eau)
- 1 cuillère a soupe d’oignons blancs émincés
- 1 cuillère à café de vinaigre blanc
- 1 cuillère à café de sucre
- une pincée de sel

* sauces trouvables en Amérique du Nord, mais faisables chez soi comme indiqué entre parenthèses !

> Suite : Le Big Mac, un poids lourd environnemental

 

La fabrication d’un seul hamburger nécessite 2 400 litres d’eau virtuelle, soit 2.160 milliards de litres d’eau par an, de quoi remplir 576 000 piscines olympiques de 50 mètres !

Sans compter que pour la production de viande, les ressources naturelles utilisées sont énormes (Pour l’environnement, mangez moins de viande).  Marque exposée, McDonald’s cherche pourtant à bien faire en tant qu’entreprise. Comme l’expliquait son président, la marque déploie « de nombreuses actions visant à réduire nos déchets à la source en optimisant nos emballages ». McDo utilise chaque année 27.000 tonnes de serviettes, gobelets, couverts…, à 90% en papier et carton et à 52% fabriqués à partir de fibres recyclées. De 2009 à 2011, la réduction des emballages a permis d’économiser 5.000 t. de carton et 200 t. de plastique. L’optimisation du stockage de sirop de Coca-cola a permis d’éviter l’utilisation et la vente de 5.000 cannettes. 

Il faut aussi noter que McDonald’s France s’est engagé dans une politique de soutien des filières agricoles françaises.

viande industrielle

Critique fréquente, avec le roi Big Mac la première boisson servie est le Coca-Cola, alors qu’elle est accusée de favoriser l’obésité, de pomper des millions de litres d’eau dans les nappes phréatiques et d’empêcher certaines populations l’accès à l’eau potable ! Ces substances que nous cache … Coca-Cola

Et si McDo aime le local, à quand des Cola régionaux dans les restaurants ? Et que penser des tomates en hiver ?

Alternatives au Big Mac : Alter Burger ?

Si malgré tout ce qu’on peut reprocher au Big Mac, l’envie de burger persiste, il est possible d’avoir une alternative. Pas besoin d’aller dans un fast-food pour manger un bon burger, même à 2 étages !

Certains restaurants en servent de très bons, mais si on veut en faire nous-même c’est également possible. L’idéal est d’utiliser des produits locaux/bio/de saison et du pain burger de bonne qualité. Et pour les végétariens, il existe des alternatives à la viande avec des steaks végétaux ! Sans oublier la sauce, style Big Mac, mais c’est vous qui choisissez d’où proviennent vos produits !

> Suite : La « macdonalisation » ou l’Imperium Big Macus

 

La « macdonalisation » ou l’Imperium Big Macus

big-mac-mc-doDerrière le Big Mac se cache également une compagnie, qui représente bien le symbole de la « malbouffe » et de l’économie mondialisée. La mondialisation a amené le brassage des cultures alimentaires et la transmission plus rapide d’informations, mais elle a aussi entraîné la standardisation et l’uniformisation, y compris dans le domaine du goût. La « macdonalisation« 1 est devenue un symbole de mauvaise alimentation et de cette normalisation des cultures (par opposition à « variété« ). Car, comme l’entreprise alimentaire le précise, elle est présente dans plus de 120 pays.

Marketing vert ou Greenwashing ?

logo-vert-rougeSuite à ces nombreuses attaques subies par la firme (même si son chiffre d’affaires se porte toujours aussi bien), la société décide en 1992 de changer sa politique. En France, pays connu pour sa résistance gastronomique, Mc Do prospère pourtant et met en place des mesures en faveur de l’environnement. Et pour que tout le monde soit bien au courant, un remaniement du logo a été effectué. Passant du rouge au vert, l’entreprise se défend en affirmant que c’est pour des raisons esthétiques, mais derrière ça, il y a plusieurs changements.

En premier lieu, l’aspect esthétique des restaurants a subi une complète transformation. Les couleurs rouges et colorées ont laissé place à la sobriété du marron et du vert bouteille. Le design intérieur et extérieur fait à la fois plus chic et plus écolo avec sa façade de bois. Quelques papiers peints de salades et tomates agrandies sont quelquefois présents sur les murs.

C’est très agréable et cela démontre une certaine volonté de mettre en avant les produits naturels. Mais n’a t-on pas un peu l’impression qu’on nous raconte des salades ?  Va-t-on vraiment au Mc Do pour manger des fruits et légumes ?

McDonald’s sur la vague verte

Pour combler sa faille nutritionnelle et répondre aux nombreuses attaques,  la société a décidé de diminuer son impact environnemental et, depuis plus de 10 ans, de mener une politique développement durable très active. Exemples.  McDonald’s France n’aime pas la pollution et a mis en place avec les mairies, la récupération d’emballages abandonnés.

Bâtiments HQE et réduction de gaz à effet de serre

elevage-vachesDepuis 2010, la totalité des bâtiments devrait fonctionner à l’énergie certifiée « verte ».

La gestion de l’eau passe par différentes stratégies : récupération d’eau de pluie, amélioration des eaux rejetées, utilisation de nouvelles formes d’irrigation et réduction de l’usage de produits phytosanitaires (pesticides, herbicides, engrais…).

Ce n’est pas tout, la filière du fast-food souhaite réduire au maximum les gaz à effet de serre, ainsi qu’améliorer la qualité de ses aliments en s’approvisionnant de manière nationale.

Actuellement, selon le site officiel de McDonald’s 52% de la viande bovine provient de France, le reste est expédié des Pays-Bas et d’Irlande. Le poisson est certifié par le label durable MSC. Si en Europe la provenance des ingrédients est bien précisée, en Amérique Latine on est perplexe face au manque d’information. A part deux ou trois vidéos, il n’y a pas grand-chose et aucune communication n’est faite sur le développement durable.

Anecdote – Cet hamburger qui ne pourrit pas

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Merci les conservateurs !
Petite info qui a fait le buzz dans la presse et le net qui adore ce genre « d’info ». Un hamburger (et non un Big Mac, mais la composition du pain et du steak est quasiment la même) a été découvert après plusieurs années sans aucune trace de pourriture ! Sans odeur et sans moisissure, le produit serait dur comme un roc et aurait l’apparence du plastique. 2 témoignages en attestent. Sally Davies, une photographe new-yorkaise, aurait photographié le burger pendant 2 ans. David Whipple aurait quant à lui oublié tout simplement le burger dans sa veste puis dans son placard pendant 14 ans ! L’histoire ne dit pas ce qu’aurait donné un jambon-fromage ou une pizza.

Une politique vertueuse à géométrie variable

etoileDonc, McDo France prend de bonnes résolutions. Bien, mais il faut savoir qu’au niveau européen, les États se sont engagés dans des politiques de soutien aux énergies renouvelables à coups d’argent public. Et l’opinion publique fait de plus en plus pression sur les entreprises non vertueuses. Les entreprises prenant le chemin vert peuvent donc bénéficier d’aides et d’exonérations fiscales et d’une bonne image. Comme en France…

Un coup d’oeil sur les sites officiels de McDo dans le monde. On peut remarquer la coïncidence suivante : là où il y a des avantages fiscaux, financiers aux projets d’économies d’énergie ou de développement durable et / ou une opinion publique sensible (Europe, Amérique du Nord…) , les filiales de McDonald’s sont actives sur ce terrain « vert » ou éthique.

A l’inverse, dans d’autres pays (prenons le Chili par exemple), RAS, la politique Développement durable est invisible et le roi Big Mac règne en toute quiétude.

Le « Mc Job » ou l’emploi précaire

travailQui n’a jamais connu des moments de galère, spécialement au moment de chercher son premier job d’été ? « McDo recrute vite, c’est une aubaine et il y a possibilité de monter rapidement en hiérarchie« . Ce n’est pas l’avis des nombreux témoignages sillonnant la presse et le net. Il semblerait que cela soit plutôt un job mal payé, sans grande reconnaissance, spécialement quand vous commencez à avoir quelques responsabilités.

Pourtant certains s’y plaisent et adhèrent complètement au système de l’entreprise, comme l’explique le témoignage de la psycho-sociologue Hélène Weber2. Suite à son expérience chez le géant du fast-food, elle a cherché à comprendre pourquoi et comment des personnes pouvaient trouver une sorte d’épanouissement. Tout ça malgré la pression, la hiérarchie très stricte et le système de travail hyper rationalisé (découpe des tâches en gestes simples et répétitifs afin de gagner du temps). Après son amour, elle raconte son aversion.

Big Mac et son entreprise

Le burger le plus célèbre, n’est pas juste un symbole de la « malbouffe », derrière lui se cache tout un système, mais aussi une entreprise aux nombreuses contradictions. Malgré les efforts de McDo pour l’environnement, cela ne cache pas les véritables problèmes : ce fast-food ne nourrit pas sainement, il est implanté dans presque tous les pays du monde, sa politique de travail est critiquable et il ne côtoie pas les marques les plus éthiques.

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Publié dans CONSOMMATION

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